Née de la mouvance associative de la fin du 19ème siècle, le syndicat agricole d’Anglure, après avoir favorisé l’émergence de la caisse de crédit, fonde la Coopérative Agricole du Canton d’Anglure.
Nous sommes en 1919, entre juin et août, et c’est Ernest Richomme, une figure locale, qui en devient le premier Président.
Au sortir de la guerre, les besoins sont immenses. Prolongeant l’activité du syndicat, qui depuis 30 ans déjà achète des engrais pour les agriculteurs, la coopérative apporte de multiples services tant dans le domaine de l’alimentation que dans celui de l’approvisionnement.
Dès lors, elle défendra les intérêts de ses adhérents et les accompagnera dans l’extraordinaire essor que connaîtra l’agriculture au cours du 20ème siècle.
En 1933, pour faire face à la toute puissance des marchants de grains et aux variations de cours, elle constitue un groupement de vente du blé. Une délégation est envoyée au Moulins d’Anglure pour s’entendre sur les possibilités d’écoulement.
En 1936, après l’effondrement catastrophique du marché, la création de l’Office du blé va apporter une stabilité et des garanties de paiements aux céréaliculteurs. Le stockage de grain va s’accroitre sans cesse à partir de ce moment. Et la coopérative d’Anglure va en prendre sa part.
En 1942, l’Association syndicale et la coopérative fusionnent.
En 1952, après l’incendie qui ravage les Moulins d’Anglure, la coopérative se porte acquéreur, mais l’Union de meunerie de la marne lui oppose un refus catégorique. Le premier silo vrac est alors édifié : il apporte 2 000 tonnes de stockage.
En 1955, la coopérative ouvre un magasin 33 rue Aristide Briand à Sézanne dans les locaux de Monsieur Fourchet qui en devient le magasinier. Il intégrera la coopérative trois ans plus tard.
En 1961, commence une longue période d’extension des capacités de stockage qui ne s’arrêtera qu’en 1999, conduisant la coopérative à une capacité totale de 42 000 tonnes.
Au début des années 70, un silo commun avec la Coopérative de Sézanne est construit ainsi qu’un autre à Conflans sur Seine dans le cadre de l’union UNICAMA.
C’est aussi la période où le Conseil technique se développe et devient un pilier du service de la coopérative. La coopération joue un rôle essentiel dans le développement de l’agriculture et l’amélioration du revenu des agriculteurs.
En 1975, elle adhère à « UNION CHAMPAGNE MALT » à Vitry-Le-François ce qui la conduira, quelques années plus tard à accompagner la formidable aventure de la malterie en Champagne, à travers MALTEUROP, aujourd’hui au premier rang mondial.
En 1982, la coopérative rejoint le groupement d’achat CHAMPAGRI à Maizières-La-Grande Paroisse. Elle renforce ainsi son pouvoir de négociation vis à vis des firmes phytosanitaires.
Cette même année, elle adhère au GIE Champagne Céréales, mais n’ira pas jusqu’au terme du processus de restructuration engagé par La Providence, sous la houlette du Président de Bohan.
La coopérative d’Anglure affirmera sa volonté de conserver un pouvoir de décision local et démontrera avec les cinq autres coopératives de proximité qui gardent leur indépendance que les petites structures sont compétitives et porteuses d’avenir.
Dans ce paysage désormais varié de la coopération agricole régional où se côtoient de grosses entreprises très engagées dans la transformation et des coopératives plus modestes, centrées sur leur métier de base et la défense des intérêts des agriculteurs, la coopérative d’Anglure va exister et s’affirmer.
En 1998, elle entre dans une période de rénovation et de transformation fondamentale suscitée à la fois par la réaffirmation des ses perspectives d’avenir et les mutations incontournables de ses métiers. Ainsi, elle s’attache à accroître ses savoir-faire et à améliorer sa capacité de développement. Elle met en place un système qualité, acquiert une expertise dans les marchés à terme, élève ses compétences en terme de conseil.
Aujourd'hui, elle apporte des services toujours plus performants auprès de 150 agriculteurs, et fait travailler 10 salariés. Elle se bat quotidiennement pour progresser et faire valoir ses convictions.
La coopérative d’Anglure a 90 ans. Elle s’appelle désormais Efigrain, mais elle reste la coopérative d’Anglure, avec ses femmes et ses hommes qui lui donnent sa force et sa raison d’être.